Des femmes de l’opposition ont marché ce mercredi à Kaloum, voici le contenu de leur discours et la réponse du ministre de la justice

  • Publiée par Oumar Camara
  • 28 mars 2018 17 h 45 min
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Des femmes de l’opposition guinéenne étaient dans les rues de Kaloum ce Mercredi 28 mars 2018. Elles manifestaient contre l’impunité tout en  exigeant la justice aux victimes tuées lors des manifestations à Conakry. Ces femmes ont marché du buffet de la gare dans le quartier Almamya, point de départ, en passant par le parc contenaire, le boulevard du commerce, et le rond-point face à l’ambassade du Nigeria jusqu’au ministère de la justice. Tout au long du trajet, elles scandaient des slogans  » justice pour nos morts »,  »plus jamais ça »,  »Libérer Ibrahima ». 
La porte parole des femmes de l’opposition a dans son discours dit ceci : « au nom des femmes de l’opposition, au nom des femmes éprises de paix, nous venons vers vous en tant qu’autorités, pour que vous nous aidez à savoir qui tue nos enfants. Ce n’est pas un parti politique qui est là, ni une ethnie, c’est les mamans de toute la République de Guinée qui sont ici. Parce que c’est nous qui donnons les vies, alors nous sommes fatiguées de voir nos enfants tués dans la rue comme des poulets par ceux qui sont censés les défendre. Nous venons vers votre auguste personne pour vous demander que ça s’arrête on est tous des guinéens, on n’a pas où aller, nos enfants sont nés ici, ils ont besoin de vivre, de s’épanouir. C’est l’avenir de ce pays qui est en jeu » précise Maimouna Diallo.

Et de poursuivre :  « Nous en appelons à vos responsabilités, à votre esprit de papa, figurez-vous représenter vous, les papas de ses enfants tués ! Jamais on n’a eu la compassion du gouvernement, jamais une enquête n’a été ouverte, ce n’est pas en Sierra Leone qu’on va le faire pour nous. On est des Guinéens c’est l’Etat Guinéen qui doit le faire pour nous. Il y a plus de 95 victimes jamais une seule enquête n’a été ouverte pour nous. Mr le ministre nous venons au près de vous au nom de ce pays, au nom des pouvoirs que vous exercez, au nom des responsabilités que vous exercez pour vous demander amplement justice pour nos enfants et que ces tueries-là s’arrêtent. N’oubliez pas que c’est l’avenir de ce pays qui est en jeu, n’oublier pas que c’est des mamans qui ont été tuées laissant leurs enfants, la dernière femme a laissée 6 gosses dont une qui n’a même pas un an. Nous venons vous déposer un mémorandum dans lequel nous tenons vos pieds pour qu’il ait justice pour nos enfants tués, nous espérons que vous allez nous entendre »  a déclarée la porte parole des femmes de l’opposition devant le patron de la machine judiciaire Maitre Cheick Sakho.

Dans son discours réponse, le ministre de la justice garde des sceaux Maître Cheick Sakho promet :  « le mémorandum qui nous a été déposé nous allons tenir connaissance, en ma qualité de ministre de la justice ce n’est pas les femmes de l’opposition que je voie devant moi, pour moi c’est des Guinéens. Il faut que dans ce pays qu’on dépasse les clivages politiques, certes j’ai été nommé par un clan politique ça je l’assume, mais en tant que ministre de la justice je suis dans mon pays pour appliquer la loi à l’encontre de quiconque. Concernant votre requête je vous répondrai par écrit sur tous les cas de morts malheureusement, je m’incline auprès des familles éplorées sur ces cas » déplore le ministre de la justice.

Et d’ajouter « C’est pour vous dire chaque fois qu’il y’a eu mort d’homme dans notre pays au niveau judiciaire là je veux dire avec franchise il ya eu une information qui a été ouverte. Ceux qui disent que la justice ne fait rien dans ce pays on va les démontrer le contraire. On peut dire que la justice est lente, on peut dire que certains dossiers dorment ça c’est vrai. Mais vous ne pouvez pas apporter le contraire qu’un dossier d’assassinat ou mort suspecte n’est pas été ouvert ni à dixinn, ni à mafanco. Donc je vais faire la liste de tous les dossiers, madame à côté de moi (la porte parole des femmes) sera officiellement informer. Donc on sera en mesure de vous démontrer que les victimes que je voie sous les yeux prouvent beaucoup que les procédures sont pendantes  devant nos tribunaux » explique Me Cheick Sakho.

Et de clore « Je vous le dis sans hésitation dans quelques années d’autres personnes vont dirigés ce pays, ils vont nous juger sur ce qu’on a  fait, mais ceux qui vont diriger ce pays demain ou après-demain on sera là pour dire voilà ce qu’on a fait montrés nous ce que vous avez fait aussi » a lancé comme pic le ministre de la justice.

 

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