Enquête/Guinée : Voici ce que font les gendarmes patrouilleurs aux pauvres citoyens !

  • Publiée par Abdoulaye Bella Diallo
  • 6 septembre 2017 8 h 18 min
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Jusqu’à un passé récent, de par son professionnalisme, c’était l’un des corps paramilitaires les plus respectés du pays : la gendarmerie nationale. Mais, depuis un certain temps, de plus en plus des gendarmes sévissent. Les plaintes des pauvres citoyens se multiplient.

Vol, viol, racket, intimidation, violences, sont entre autres des fléaux qui ternissent l’image de la gendarmerie. Et cela, malgré des nombreuses réformes entreprises par le général Ibrahima Baldé. Des hommes habillés en tenue des gendarmes profitent des patrouilles nocturnes pour mener une vie d’enfer aux citoyens qui ont eu la mal chance de les croiser. Pourtant les articles 141 et 142 de la constitution sont clairs : les forces de sécurités (y compris la gendarmerie) sont chargées du maintien d’ordre, de sécurité de personnes et de leurs biens.

A Lambanyi, quartier chic de Conakry, un jeune-enseignant a payé les frais des violences des gendarmes. Alors qu’il était sorti pour chercher  à manger, il a été au mauvais moment quand il a croisé une patrouille.

« Je les ai dit que j’étais juste sortie pour manger. Ils m’ont embarqué dans leur « Pick-up », il y a avait des jeunes qui n’avaient l’âge de se procurer une carte d’identité. Un gendarme nous dit qu’ils vont nous amener à la gendarmerie. La voiture a pris le départ, et est arrivée à quelques 200 mètres le chauffeur a stationné et ils nous ont dit de descendre qu’ils vont nous fouiller », explique-t-il.

« Des gendarmes ont mis leurs mains dans les poches de ces enfants et ils ont tout pris, l’argent et téléphone. Après, les gendarmes leur a dit de partir. Les jeunes ont dit qu’ils ne partiront pas sans leurs objets et les gendarmes ont dit aux jeunes si vous ne partez pas nous allons vous enfermer et les jeunes ont eu peur. Ainsi ils ont laissé tous leurs objets derrière eux », poursuit le jeune enseignant.

Mariame Diallo a aussi vécu ce qu’elle appelle de la « barbarie des gendarmes ». Elle a assiste impuissamment à la confiscation de l’argent et des téléphones de ses copines. « Des gendarmes nous on fait arrêter pendant qu’on sortait pour la boite. Ils nous ont amenés dans un coin isolé et ils ont commencé à nous fouiller. Mais comme moi j’ai été victime une fois, en sortant actuellement je sors avec un petit téléphone mal fichu juste pour effectuer mes appels. Et je mets mon argent dans mon soutien-gorge. Et quand le gendarme m’a retiré mon téléphone, il l’a gardé et me l’a retourné. Les enfants des patrons qui étaient avec nous les gendarmes leur ont retiré tous leurs biens qui étaient avec eux (téléphone et argents et même des bijoux) », relate-t-elle.

La demoiselle a confié à Guineesynthese du viol de certaines de ses amies. « Elles ont été violées par des gendarmes. Mais elles n’osent pas dénoncer parce que beaucoup d’entre elles se cachent pour sortir la nuit et elles ne veulent pas que leurs familles apprennent qu’elles sont sorties », martèle-t-elle. Des filles qui portent des mini-jupes sont régulièrement bastonnées et certaines violées, souligne Mariam Diallo. Les gendarmes indélicats justifient leur sale besogne par une décision du gouverneur de la ville de Conakry.

Connu pour son franc parlé et sa loyauté envers son peuple, le général Mathurin Bangoura donnera-t-il de tel ordre aux gendarmes pour faire du mal au peuple ? Quand on sait que la Guinée est un pays laïc.  L’article 5 de la constitution garantit cette laïcité et condamne les violences. « Nul ne peut se prévaloir d’un ordre reçu ou d’une instruction pour justifier des actes de tortures, de sévices ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants commis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions », peut-on lire dans un extrait de la loi fondamentale.

Alors si nos lois ne sont pas faites pour embellir la galerie, l’Etat doit prendre des décisions pour punir ces gendarmes qui font le déshonneur du pays. Si la laïcité est respectée en Guinée, alors chacun de nous est libre de porter une mode vestimentaire qui lui convient sans pourtant atteindre à l’intégrité physique ou morale des autres.

De nos jours, de nombreux citoyens se posent la question de savoir à qui profitent ces objets volés aux pauvres citoyens par des gendarmes patrouilleurs?

Affaire à suivre !!!

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