Mamadi Kaba, l’INIDH : « Fatou Badiar et le commandant AOB sont des prisonniers politiques »

  • Publiée par Abdoulaye Bella Diallo
  • 20 août 2017 20 h 20 min
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Dans d’une interview accordée à notre rédaction, le président de l’institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), Mamadi Kaba dénonce le deux poids et deux mesures dans l’incarcération du commandant Alpha Oumar Baffa Diallo allias AOB et de Fatou Badiar. Selon lui, ils sont des prisonniers politiques du pouvoir en place. Nous vous proposons un extrait de la grande interview qu’il nous a accordée.

« Nous observons la situation du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo(AOB) et Mme Fatou Badiar parce que le processus judiciaire est relancé par la cour suprême. Et, nous souhaitons sincèrement voir AOB et Fatou Badiar libre de leur mouvement comme certains de leurs co-accusés les sont actuellement. Et, donc notre souhait est qu’ils recouvrent leurs libertés et nous respectons le processus de justice qui est en cours, nous attendons la fin du processus et en suite nous verrons », souligne le président Mamadi Kaba.

Est-ce que ce n’est pas deux poids et deux mesures ? Dans la mesure où certains sont déjà libres comme Bah Oury et Tibou Kamara, … Sur la question, M. Kaba n’a pas tordit sa langue de prouver son mécontentement, il dénonce : « C’est vraiment une incompréhension chez nous, nous pensons également que c’est du deux poids et deux mesures, qu’il y a une injustice très grave qui est en train de se commettre à l’endroit de AOB, de Fatou Badiar et consorts. Parce que certains des accusés dans le même dossier sont déjà en liberté. Et c’est ce deux poids et deux mesures qui font d’eux des prisonniers politiques. Si tous ceux qui ont été reconnus coupable dans ce dossier était en prison il n’aurait aucun problème personne ne s’insurgerait contre l’application d’une décision de justice mais à partie du moment où les uns ont été graciés et d’autres ont été pardonnés eux ils restent encore en prison. Non ! Nous ne trouvons pas ça juste. Nous pensons que si plusieurs personnes ont commis un crime et que l’Etat guinéen est capable de pardonner aux uns il doit être aussi capable de pardonner aux autres. Soit il maintient tout le monde en prison pour payer de leur forfaiture qu’ils ont commis, ou alors ils sont tous en liberté et pardonnés pour qu’une seconde chance leurs soit donner. Mais, aujourd’hui nous assistons à deux poids et deux mesures ce qui nous attriste énormément et nous continuons de pleurer le sort de ces pauvres victimes et nous souhaitons que très rapidement qu’ils soient rétablie dans leurs droits », a-t-il dénoncé avec un ton impératif.

Dans le même sillage, le président de l’INIDH, ne tordit pas ces mots contre le pouvoir en place. Il réaffirme : «Nous continuons de considérer AOB et Fatou Badiar comme des prisonniers politiques, parce qu’au début ils étaient des prisonniers de droit commun comme tout le monde ils ont été jugés mais le fait que certains des co-accusés qui avaient été condamnés à des peines plus lourdes que AOB et Fatou Badiar ont recouvré leurs liberté pour la simple raison qu’ils étaient engagés à servir des intérêts politiques du président alors nous considérons que Fatou Badiar et AOB sont en prison pour des raisons politiques parce qu’ils n’ont pas la volonté ou la possibilité de servir les mêmes intérêts politiques. Donc, ils sont en prison par leur incapacité à servir des intérêts politiques du pouvoir en place. Ils sont donc de n’autre point de vue des prisonniers politiques et nous souhaitons sincèrement qu’ils recouvrent leur liberté parce que c’est une honte pour la Guinée, leur situation est indéfendable, partout dans le monde devant n’importe qu’elle activiste des droits de l’homme vous n’être pas capable de défendre leur détention. Nous on n’est pas capable de justifier leur détention parce que si tous ceux qui ont été accusés d’avoir commis ces actes se retrouvaient en prison alors il n’y a aucun problème. Mais à partir du moment où certains sont en liberté après avoir été reconnus coupable dans le même fait alors eux ils deviennent de pauvres victimes, de pauvres prisonniers politiques. Mais, nous continuons de lancer cet appel à l’endroit des autorités judicaires de ce pays et notamment à l’endroit du président de la République prof. Alpha Condé, pour dire que AOB et Fatou Badiar doit être en liberté comme leurs co-accusés qui sont aujourd’hui en liberté, leur détention relève d’une détention politique aujourd’hui se sont des détenus politique et notre pays aujourd’hui n’a vraiment pas besoin. Et, donc il est important que l’Etat guinéen travaille à traiter les citoyens au même pied d’égalité quel que soit leur appartenance politique et ethnique. Donc, l’appel que je lance est de tout faire pour qu’ils retrouvent leur liberté il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et, je lance un appel prêchant pour que AOB et Fatou Badiar recouvrent leur liberté le plus rapidement possible», martèle Mamadi Kaba, le président de l’institution nationale indépendante des droits humains (INIDH).

Il faut rappeler que le commandant Alpha Oumar Baffa Diallo allias AOB et Fatou Badiar ont été arrêté depuis le 11 juillet 2011 lors d’un attentat déjoué contre la vie du président de la République, Prof Alpha Condé.

 

 

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